07.25.2007 - 2007-07-25 MONTREAL: Bell Centre / En synchronicité avec The Police...
En synchronicité avec The Police...
Au beau milieu de la pièce 'Truth Hits Everybody', Sting manque sa note. De peu. Même que, pour être honnête, il l'effleure. Sur son visage se dessine néanmoins une grimace doublée d'un large sourire. Le moment, une fraction de seconde, illustre parfaitement le retour sans prétention des Police, hier, sur la scène du Centre Bell.
C'était À la fois magnifique et excitant. Sur le coup de 20 h 45, les lumières se fermaient dans l'enceinte montréalaise pour laisser découvir, émergeant d'une scène en forme d'arène romaine, les percussions de Stewart Copeland. Pendant ce temps, les collègues de ce dernier, Sting et Andy Summers, prenaient place derrière leurs micros. Presque 24 ans jour pour jour après son historique spectacle du Stade olympique, The Police remettait ça. Et ce ne sont pas les 20,000 spectateurs présents qui s'en seraient plaint !
Appuyés d'éclairages sobres mais efficaces, les trois musiciens ont clairement fait le choix de laisser parler la musique de leur exceptionnel catalogue musical À l'occasion de cette tournée retrouvailles. ?tant donné leur forme elle aussi remarquable, la décision leur a souri, hier.
À l'avant-scène, un Sting fascinant de charisme - a-t-il trouvé la fontaine de jouvence ? - a mené son groupe et le public (en français, svp !) À travers un impressionnant programme aux allures de compilation de meilleurs succès, ouvert avec les imparables 'Message in a Bottle', 'Synchronicity II' et 'Walking on the Moon'.
La voix intacte, les yeux brillants, le pied agile, le chanteur et bassiste a amorcé, très tôt dans la soirée, un dialogue chanté avec la foule du Centre Bell, qu'il a poursuivi jusqu'au rappel.
Derrière sa batterie, Stewart Copeland a de son côté déployé une frappe impressionannte de puissance et de précision. Mais aussi, il a fait preuve d'une véritable musicalité, notamment dans la pièce 'Wrapped Around Your Finger', où il s'est exécuté sur une panoplie de percussions exotiques.
Quant au guitariste Andy Summers, il a pour sa part assuré, reproduisant avec fidélité des parties devenues classiques dans l'histoire de la musique populaire. Moins agile dans ses solos, il compense par un vocabulaire élaboré qui a le don de surprendre.
Au final de la soirée, The Police a rappelé haut et fort À quel point son répertoire, même si il n'a été créé que sur une courte période (entre 1977 et 1984), a été marquant.
De 'Roxanne' À 'King of Pain', en passant par 'Every Breath You Take', les trois musiciens ont mis À profit la flexibilité de leur formation pour développer avec beaucoup d'adresse leur discours instrumental respectif. Absolument fascinant pour quiconque s'attardait au jeu de chacun d'entre eux.
Force est de constater qu'il n'existe pas d'équivalent aux Police. Et 20,000 autres chanceux seront en mesure d'en juger nouveau ce soir.
© Le Soleil by Kathleen Lavoie